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Articles

Affichage des articles du février, 2017

Nathalie Camoin-Chanet entre deux mondes solides

Suspendu entre représentation et déconstruction, son art est au croisement de deux influences qui laissent s’épanouir des sculptures reliant l’énigme de la création.
« Je n’aurais pas assez de ma vie entière pour réaliser tout ce que j’ai en tête. » Lorsque l’on visite l’atelier de Nathalie Camoin-Chanet, on est d’abord surpris par l’étendue de son geste prolifique. Une multitude de sculptures de toutes tailles, savamment exposées sur ses étals, agencées pour s’influencer, se répondre, se contredire dans leur composition. Elles font sens ensemble dans un espace de dialogue, une communauté de matériaux variés.
L’artiste explore le potentiel de la matière comme moyen d’expression. Elle sculpte en directe sur le support, coule et recoule dans ses moules avant de faire fondre. La fonderie c’est son deuxième atelier. Bronze, cire, polystyrène… Le matériau n’est pas une contrainte. Elle sculpte également la résine polyester, utilisée pour les coques de bateau et plus adaptée pour la sculptur…

Danielle Martin-Troulay, contre l’essoufflement de la forme

Ses monotypes et sculptures mobiles en altuglas adoptent des occasions de mutation. Elles sont en soi un véritable combat contre l’essoufflement de la forme. Une conversion du réel en quête de couleur, de transparence et de mouvement. Danielle Martin-Troulay ré-enchante le décor trop statique qui nous entoure. Ses œuvres ont une présence qui invite à toucher, à sentir le volume sous la main. Elles développent une forme théâtrale avec des pièces variantes qui s’interprètent et se réinterprètent. Certaines de ses sculptures permettent de les détacher, les échanger, les recomposer. C’est une invitation à découvrir les possibles, là-même où l’espace du rêve et du fantasme nous entraîne vers toutes les contrées imaginaires. Pour ouvrir cette porte vers d’autres dimensions, l’artiste envisage l’art comme processus de métamorphose. Ses créations sont des objets de tension suspendus dans un potentiel équilibre entre un temps passé et futur. Elles sont les formes évolutives qui ont été et qui …

Les gourmandises de Valérie Touzet

Ses petits délices se matérialisent par l’entrelacement de fils et de textiles piqués et nous invitent à déguster et saliver avec les yeux.
Valérie Touzet nous immerge dans le plus grand plaisir des sens. Ses propositions plastiques élaborées dans son atelier-cuisine se concoctent avec des étoffes d’antan, des tissus et autres vieilles dentelles de récupération de sa mère, sa grand-mère, ou chinées dans les brocantes. Assez beaux pour être faux, ces gâteaux sont des pièces textiles uniques. Elles animent le menu d’une table aussi alléchante que poétique. Petits fours aux yeux croquants et aux mains baladeuses, charlotte aux pieds synchronisés, fraisier en fleurs, pièce montée boutonnée, tarte aux baisers pulpeux de Betty Boop, mille feuilles de contes déguisés en chaperon rouge, loup et princesse… Sont autant de friandes curiosités aussi sensuelles que raffinées et amusées en prise avec l’enfance. Ce rapport à l’enfance s’associe à la douceur, la délicatesse du corps et le plaisir de g…

Balázs Buda sur le fil du réel

Pour reproduire le réel, il travaille ses œuvres en prenant soin qu’elles soient modulaires, hybrides entre la peinture et la broderie, un entre-deux en constante évolution.
Balázs Buda est peintre mais la peinture chez lui se brode, se coud, se confectionne. Le réel se dessine au préalable à l’aide du fusain, du gesso et de la peinture à l’huile sur toile de lin. Il peint des lieux parisiens comme le Grand-Palais, le pont Alexandre III, le Moulin Rouge, mais aussi des paysages de pleine nature ou encore des portraits réalistes de ses proches. Il transforme ensuite en traversant la toile de son aiguille. Fils, perles, cordes sont piquées, du macramé est parfois ajouté. Ce qui caractérise cet artiste c’est avant tout son exigence envers lui-même et le regardeur. La nature morte répond à cette requête et lui permet de toujours faire évoluer sa technique pour reproduire avec attention et minutie le moindre détail. « La nature morte est un tremplin pour amadouer les problèmes dans la peintur…