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Articles

Affichage des articles du mars, 2014

Line Bonnef, l’Odyssée du signe

Les sculptures de Line Bonnef puisent l’inspiration de leurs lignes dans le sillon des signes de la culture orientale pour un voyage hors du temps.
Pour sa série Kalli, qui signifie littéralement « poème en mouvement » en Indien, l’artiste utilisela résine, un matériau solide et léger, adaptable à ses idées les plus sophistiquées. Une ou plusieurs tiges métalliques soudées portent d’abord un grillage sur lequel est placé du tissu de verre imbibé de résine polyester. Les espaces creux sontensuite comblés à l’enduit. Enfin l’ensemble estponcé jusqu’à obtenir une surface lisse, puis peint. Line Bonnef qui a longtemps pratiqué la danse et la chorégraphie, cherche ici à exprimer l’idée de mouvement qu’elle associe aux lignes d’écritures calligraphiques. « C’est un ouvrage du calligraphe Hassan Massoudy qui m’a permis de faire le lien entrel’idée du mouvement et sa transposition en trois dimensions. Le geste libre de la main du calligraphe est comme une fulgurance et une inscription dans l’es…

Sandrine Aléhaux, vitale esthétique

Les travaux de Sandrine Aléhaux interrogent la possible survivance d’une dualité picturale portée par une énergie esthétique vitale. Sa peinture est énergétique, atmosphérique, organique avec des craquements apparents. Ce sont des fêlures, les symboles du lien, les caractères inséparables de propositions complémentaires voire contradictoires. “Les fêlures sont générées par un mouvement, une sorte de chemin qu'emprunte l'énergie et qui traverse la toile. Comme un éclair qui laisse sa trace dans le ciel, un tremblement de terre qui se propage à travers la terre, ou encore une cellule masculine qui va à la rencontre d'une cellule féminine. C’est la force de vie en somme.” Sandrine Aléhaux met ainsi en tension deux éléments, deux niveaux qui se superposent. Une « opposition extérieure et une division intérieure » qui pourrait s’apparenter à la dialectique hégélienne où tout se développe dans l’unité des contraires. « Nous avons deux principes en chacun de nous ; un féminin, un m…

Françoise Pallier, l’empreinte du temps

Après l’écriture et la peinture, c’est aux Beaux-Arts qu’elle découvre sa passion pour la terre. Françoise Pallier modèle et sculpte le grès chamotté. Elle mêle cette argile dense, brute et granuleuse à la porcelaine blanche et lisse. La matière s’anime sous ses doigts pour se réveiller sous la chaleur du feu du four de son atelier à 1280°C. A cette température, le grès gagne en opacité face à la porcelaine qui affine sa transparence. Les pièces en grès sortent pain brûlé du four et sont ensuite travaillées à la patine et à la cire. Les pigments maîtrisés à froids portent leur marque d’authenticité et soulignent ce jeu de juxtaposition de matière. Grâce à la résistance des matériaux, cette dualité esthétique s’accouple avec style pour l’intérieur comme pour l’extérieur. Françoise Pallier retient l’essentiel et se débarrasse de l’anecdotique. Son œuvre inspirée de la musique et des écritures émerge avec sens de l’art sculptural. « J’ai toujours aimé l’écriture et le chant. J’utilise de…

Christine-Marie Nobre, lumineuse

Christine-Marie Nobre créée une esthétique où l’ombre et la lumière sont les arbitres de formes surprenantes.
Formée au Beaux-Arts de Versailles, Christine-Marie Nobre est une artiste pluridisciplinaire passionnée de lumière. Ce qui l’anime c’est le plaisir de l’expérimentation, la création de phénomènes, de petits miracles. Pour les obtenir, elle construit ses « boîtes de lumières » dans lesquelles elle place miroirs, peintures et éclairages. Elle les anime ensuite par la photographie ou la vidéo, un œil supplémentaire qui lui permet de capter par des petites fenêtres les phénomènes lumineux. Dotée d’une maîtrise technique singulière, elle jongle avec le détournement et l’inattendu pour mettre en scène la présence d’une réalité, par essence indéterminée. Traversées d’ondes lumineuses et colorées, ses œuvres retranscrivent les expériences de la diffraction de la lumière. La lumière apparaît artificielle, tel un ciel intérieur, celui d’une lanterne magique.


L’artiste invente une esthétique…

Marie-Anne Muller Zinzindohoué, projection zoo-logique

Formée aux Arts Décoratifs, Marie-Anne Muller Zinzindohoué prend le chemin de la figuration narrative avec une garantie de style et de singularité.  « Mes toiles sont des histoires d’animaux simples à comprendre. » L’analyse du récit intelligible se lie à une technique efficace.  L’artiste travaille sans modèle, à partir de photographies collectées. Elle peint au pinceau sur toile à la peinture vinylique qu’elle nourrit ensuite à l’huile. Ses toiles sont conçues avec des substitutions et des liaisons inattendues. « Je fais entrer les animaux chez nous. Notre quotidien est très angoissant et faire intervenir la nature et ses prétendants dans la ville c’est apaisant pour moi qui ai grandi en partie à la campagne. » Marie-Anne Muller Zinzindohoué scrute le réel pour exprimer sa propre réalité avec la méthode de la programmation neurolinguistique (PNL.) « Nous avons tous une carte unique de la représentation du monde. Il ne faut pas s’empêcher de voir autrement. On peut tous voir les choses …

Anne-Marie Mary, Memento Mori

Les œuvres d’Anne-Marie Mary sont d’abord le fruit d’une action ; celle du temps. Dans sa série Mémoire du temps, son procédé repose sur la récolte et la mise en scène de papiers et de morceaux de métal rouillé sur toile, préparée à l'acrylique. Les fragments de matériaux pauvres ou de rebut sont fixés, leur permettant de devenir un autre support mis à l’épreuve d’une réalité nouvelle. Ce recueil de changements d’états de matière s’affirme comme une opération témoin du temps historique, une transformation irréversible de la naissance à la mort. « Comme la rouille qui attaque, le temps désagrège, déconstruit, réduit en miettes... donc en morceaux ! Nous vivons dans une société du « Trop » : surconsommation, surinformation... Et, face à cela, j'ai depuis longtemps la conscience aiguë de la disparition des êtres et des choses. Cette idée de la fragilité de la vie et que tout s'efface avec le temps, rejoint, à mon avis, l’expression des Vanités de la peinture classique. » Recyclé…