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Articles

Affichage des articles du février, 2014

Jean-François Veillard, fable surréaliste

L’œuvre de Jean-François Veillard est une immense scène de théâtre figurative qui ouvre le rideau sur la folie humaine ; l’endroit rêvé pour les micro-histoires et les mythes.
                                                 Père Antoine, huile sur toile, 210 x 140 cm
Jean-François Veillard peint à l’huile sur toile. Il dessine au préalable des croquis avant d’agencer la couleur au pinceau. Son parcours de formation lui apporte une maîtrise du savoir-faire et de la précision qu’il remet ensuite en question. « Ma peinture est expressionniste, je veux que l’on sente le geste avant tout. » L’artiste brouille ses miroirs polis et déjoue sa technique trop efficace pour saborder son talent figuratif. Il s’attache au geste plus qu’au précis, à la perspective plus qu’à la morale. C’est l’être humain, la vie, la folie de l’Homme, la chair et ses travers qui l’intéressent. Des personnages fantasques d’aujourd’hui se mêlent à des créatures surréalistes issues des fables et légendes d’hier. Un joyeux…

Myriam Delahoux, de la terre, de la tôle et du rêve

Myriam Delahoux est une artiste battante, elle affirme au quotidien son désir d’être sculpteur.Son milieu ne la prédestinait pas à être artiste. Elle démarre par des études d’éducatrice spécialisée. Elle se marie. Puis décide à contre courant de prendre en main sa vie d’artiste. La maîtrise de sa destinée artistique se décrypte dans sa maîtrise technique. Myriam Delahoux est une créatrice au sens originel. Elle fabrique, dompte et relie aussi bien les matériaux que les pigments pour créer des œuvres à la signature très personnelle. En quête de manipulation, de savoir-faire et de procédure, elle croise les champs du savoir et de la création. Une formation de céramiste aux Arts appliqués Duperré,  ateliers aux Beaux-Arts, mais aussi auprès du maître japonais Setsuya Kotani à l’Hunter College à New York et de l’inventeur Michel Moglia, lui permettent d’acquérir une connaissance et une technique hautement sophistiquée. Son besoin d’autonomie la pousse alors à travailler en solitaire et à c…

Véro Reato, le design naturel de la matière grise

Véro Reato utilise un matériau a priori loin de tout but esthétique ; le béton fibré teinté dans la masse fait main. Ses pièces à l’identité propre, offrent un design épuré, brut, jouant du banal pour la beauté.

L’architecture et la construction sont les fils directeurs de sa pratique. L’artiste fusionne l’organique et le minéral en cellules multiples dans un béton de culture pour créer du petit mobilier ou des œuvres sculpturales. « Mes recherches artistiques essentiellement basées sur les matières minérales telles que la terre, le chaux, le tadelakt, le stucco ou encore l’enduit mortier, m’ont tout naturellement mené vers le béton. La découverte de cette matière grise a bouleversé mon cheminement plastique. » Les pièces sont travaillées sous un angle cellulaire. Elles soulignent une abstraction géométrique sérielle, pensée en profondeur, qui s’inscrit dans l’espace et le temps. La forme circulaire renforce l’impression de cycle, de temps immuable. Le design n’est il pas une perpétuel…

Nicole Fournier Airaud, les accidents de l’intuition

Après quelques années aux Beaux-arts à Paris où elle apprend les techniques académiques et figuratives, Nicole Fournier Airaud se dégage aujourd’hui de tous supports de représentation pour peindre d’après sa sensibilité. Sur ses toiles, la représentation cède la place à l'immatérialité, entre le secret et l’illumination. Nicole Fournier Airaud purifie et neutralise graduellement ses moyens plastiques dans une lutte perpétuelle entre élan et retenue gestuels. Par strates successives au pinceau et au couteau à l’acrylique, avec parfois quelques collages de papier Kraft ou de papier de soie, les tons dégradés d’une palette restreinte de gris se superposent pour créer des éléments abstraits, autonomes, souvent géométriques. Des formes subconscientes, créatrices de la raison intuitive, sont de véritables accidents de surfaces qui guident son geste. « Je suis souvent prisonnière des éléments qui apparaissent sur ma toile. Une fois qu’ils sont là, j’ai envie de les garder mais il faut pa…

Gisèle Gautier-Doré, l’écho de la couleur

D’une vitalité toujours renouvelée, la peinture abstraite de Gisèle Gautier-Doré est en constante évolution. Un mouvement ponctué par un rythme chromatique qui lui appartient.
Guidée par le geste, elle procède d’abord par le dessin puis par aplats superposés de couleurs délicates pour aboutir à l’exaltation de couleurs plus franches. La technique est généralement mixte, mais son attirance pour l’aquarelle et le mélange des tonalités à l’eau s’affirme dans son œuvre. Son geste prolifique présente tous les symptômes de l’exécution spontanée dictée par une force intérieure. «  Il faut méditer et à partir du sujet (réel ou de pure invention) le transcender (…) Je suis là, devantla toile blanche et, tout à coup, le pinceau commence son chemin. » La surface est remplie sans saturation. De l’empâtement à une plus grande fluidité, l’artiste donne corps à sa peinture et s'écarte parfois de l'abstraction. Le pouvoir expressif de son geste pictural ne rompt pas avec toute forme de transcrip…

Marie-Odile Florin, les lignes du mirage

Sans titre, huile sur toile, 80 x 80 cm
Marie-Odile Florin peint à l’huile à l’aide de la brosse, du spalter ou du couteau, de préférence sur un format carré. Sans empâtement ni ajout de matière, sa surface reste plane. Par couches successives, elle obtient l’intensité et la luminescence des couleurs ; une palette franche où les aplats apportent un contraste équilibré. Pour fusionner les tons et jouer de cette ambivalence qui favorise la transparence, elle procède par flou inachevé et flou dilué. « Le dilué me permet de faire transparaitre la couleur sous-jacente qui anime le tableau. Quant au diffus il apporte douceur et suggestion. Je peins par instinct, sans modèles mais avec des thèmes de prédilection comme les ouvertures, les horizons. L’espace, la mer, le ciel, les reflets m’inspirent particulièrement. » Le flou vient rétablir le sensible dans son évidence indistincte. On reconnaît ici un commencement de pensée de ce que Leibniz appelle une « perception claire et confuse. »(1) Dans…