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Articles

Mokha Laget, le jeu abstrait de l’esprit

Il y a d’abord une inspiration des grands espaces. « Ce sont les formes et les couleurs des déserts du Sahara et du sud-ouest américain qui sont profondément imprimées dans mon âme. » Mokha Laget vit au Nouveau Mexique. Son expérience des traversées de lumières, de couleurs des terress’envisage comme une suite d’impulsions visuelles qui constitue la matrice de ses toiles.
Ses « shaped canvas »destructure géométrique évoluent selon leurs propres lois et surprennent en créant un trouble interprétatif durable. « Le regardeur se trouve devant une ambigüité perceptuelle, devant de multiples plans ou points de vue. L’esprit tente de résoudre le paradoxe puis se rendant compte de cette impossibilité, se retrouve dans la contemplation pure. » Les tableaux agissent comme des irruptions dans l’art. Ils explorent la pertinence d’une jonction entre la peinture et l’architecture. Leurs points de fuite prolongés hors cadre, la compression des plans, les inversions d’espaces participent aux perturba…
Articles récents

HOOPKA, éruption chromatique

Il transcende son œuvre picturale par le surgissement cohérent du support et de la surface, l’alliance du fond et de la forme. Sa peinture-objet, constituée d’un panneau de bois découpé selon son propre dessin, sort du cadre imposé des toiles sur châssis et participe à une œuvre d’art globale qui trouble la perception.
L’œuvre « Pompei, bleu antique » procède de cette volonté d’interpréter sous une forme esthétique un événement tragique : l’éruption du Vésuve et l’ensevelissement de Pompéi dans l’Antiquité. Un lieu où les restes de la catastrophe alimentent encore les imaginaires les plus inattendus. « Je suis allé dans la baie de Naples au printemps il y a deux ans, j’ai découvert ce site magnifique, la teinte du ciel et de la mer. Difficile d’imaginer que ce fût l’enfer et que tant de personnes y ont péri (…) C’est la nature dans ce qu’elle a de plus beau et de plus terrible. La confrontation de couleurs dantesques ; du bleu turquoise au rouge vif, de l’orange au noir profond… »
L’œu…

Hervé Perdriel, « Rock around the Pop »

Parmi le flux d’images circulant sur Internet, Hervé Perdriel pioche avec délectation dans le corpus du star système.Il prélève les figures de la mythologie musicale moderne qu’il confronte aux tableaux des maîtres de l’histoire de l’art. Avec cette capacité toujours croissante de stockage, de transfert, de collages, de détournement d’images numériques et de strates temporelles, il révèle en substance de nouveaux espaces.
La mise en scène juxtapose et fragmente les références picturales ; images, signes, aplats colorés se mêlent et s’entremêlent créant une déflagration de contrastes résolument souhaitée. Dans un acte de sublimation et cette pincée d’humour qui témoigne de son empreinte artistique, l’artiste extirpe de leur pochette de disques quelques armées d’effigies pop, rock, électro. Supertramp, Neil Young, Metallica, Cat Power, Skunk Anansie, The Gossip, Eminem, Muse ou encore Justice sont autant d'idoles réincarnées et choisies pour leur potentiel esthétique comme pour leur…

Yannick Dublineau, la coïncidence du spectaculaire avec l’infime.

Dans le travail de Yannick Dublineau tout concourt à troubler les espaces et les reliefs. C’est une gravure de peintre aux confins de la troisième dimension.Peinture à l’huile, encre, aquarelle apportent un supplément de matière, de profondeur et de volume à son travail.
« La gravure offre de multiples possibilités, une infinité d’interprétations à explorer. Elle allie merveilleusement bien ma technique du dessin et de la peinture. » Le format comme le support ne sont jamais figés. L’artiste affirme sans cesse son goût pour l’expérimentation. Les impressions sont effectuées sur un papier de grammage épais ou sur d’autres supports tels que le tissu ou la toile de verre. Elles sont réalisées à partir de plaques gravées sur cuivre, zinc, acier et plexis puis encrées pour passer sous la presse. Elle procède par étapes, offrant le témoignage de toutes les traces de ses expériences. La tâche devient réseau graphique et se décline, dévoré par l’acide, fouillé en dessous et retravaillé, éclair…

Christine Curtenelle, fragments ex-pensés

Elle opère pour le libre agencement de la ligne sans déterminisme, en se détachant préalablement des apparences. Dans la fulgurance de son exécution, des premiers gestes lui servent de matrice. Puis elle explore avec méthode, un peu comme un archéologue qui irait à la découverte d’un lieu où se multiplieraient traces et empreintes.
Christine Curtenelle transforme les accidents de surface en filaments de sens. Ces lignes directrices à l’acrylique scandent la toile et fabriquent de minces frontières révélant l’existence de réalités invisibles et inconnues. « Les lignes hésitent entre le vouloir, le calculé, le maîtrisé, le dominé et le sensible. Elles vont et viennent entre l'arrachement et l'appartenance et engagent à créer des liens avec l'extérieur mais sont aussi ces liens qui nous ligotent peu à peu (…) Elles évoquent l’enfermement, l'angoisse, le temps qui passe, l'amour dans ce qu'il a d'aliénant... » 
« D'abord failles et fissures, les lignes devienn…

Stankova Lilyana / Lysanto, l’esthétique du « déjà-vu »

« Mémoriser, inscrire et reconstruire en nous nos vécus. Nous percevons à travers le souvenir de nos souvenirs... Les strates se superposent, se combinent, s'entrelacent pour former un assemblage unique et singulier qui contribue à créer nos mondes. »

Stankova Lilyana creuse le sens enfoui du souvenir. Elle conçoit une poétique en nous aidant à reconstituer l’indicible de nos refuges mémoriels et nous émancipant des oppositions qui distinguent réel et approximation, déconstruction et représentation, raisonnement et fiction. Son œuvre est un réceptacle propice à la disparition comme à l’apparition. Elle se sert de cette instabilité pour reformuler avec style les bribes d’une réminiscence, d’un événement passé.

Le procédé pictural repose sur des pigments minéraux mélangés à un liant acrylique. Afin d’approfondir le relief, les couches travaillées en glacis et en lavis se superposent en intégrant différents matériaux comme le papier de soie, tel un calque délicatement déposé sur le …

Véronique Barbier, peindre : l’acte pulsionnel

« Peindre sans mentaliser suscite une liberté totale d’exécution. Mon inspiration vient du ventre, elle est très pulsionnelle. » Peintre, psychanalyste et art thérapeute, elle travaille les arts plastiques, l’écriture et les livres d’artistes. Portée par ses maîtres, elle apprend à maîtriser puis défaire l’approche académique de l’art.
Ne pas forcer, savoir lâcher prise, laisser couler, déchirer, creuser et même se laisser aller au gré des circonstances, la délivre des contraintes matérielles. Sa technique mixte la propulse vers un procédé de peindre complexe qui effectue des allers-retours incessants entre l’aquarelle, l’acrylique, l’huile, le pastel sec, gras, le fusain, sur toile, carton, papier… Autant de techniques auxquelles elle peut ajouter su sable, du sel, du gesso, des paillettes. L’atmosphère servie fait appel à de nombreux registres. La matière picturale est tantôt épaisse ou lisse, mate ou brillante, lumineuse ou assombrie. Cette quête perpétuelle de matériaux et de sup…