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Articles

Nathaniel Attar, l’art de consommer

Il interroge notre rapport à la société de consommation à travers un objet familier, ordinaire, produit en série, standardisé qu’il transforme en œuvre d’art. Parcours de l’ordinaire à l’extraordinaire…

Nathaniel Attar peint à l'acrylique, use parfois du pochoir et procède à la découpe de canettes qu'il colle et cloue ensuite sur sa surface. « Chaque élément est fixé sur un petit support qui permet de donner du relief à l’œuvre et de laisser retranscrire la légèreté du matériau. »
Il s'agit de mettre en évidence le caractère sculptural de la canette au travers d’un prisme critique défiant sa forme et sa fonction.  Peinte, fragmentée, récupérée, recyclée, découpée, pliée et façonnée, la canette, suit un nouveau cycle de vie.
« Les canettes sont pour moi le vecteur du concept "Humanfuel"; le contenant de toutes les essences et carburants de notre société. Elles sont partout(...)Lorsque nous consommons ce produit, nous sommes séduits par son contenant avec ses codes co…
Articles récents

Jiri Kovanic, sculpteur de l'espace

Par la sculpture, il développe sa sensibilité pour l’édification. Ses œuvres habitent l’espace et construisent des lieux de passage entre intériorité et extériorité.

Étranges et poétiques, de bronze et de pierre, les sculptures de Jiri Kovanic jouent aujourd'hui avec la matérialité de l'acier. Ce sont de véritables objets fragmentaires, surréalistes, qui ne deviennent complets que dans la perspective de leurs étirements et leurs rétractions. L'artiste s’approprie la matière d’une manière extrêmement personnelle en jouant de sa disqueuse et de sa soudeuse. Ses plaques d'acier font sens ensemble, dans un espace de dialogue. Elles se transforment dans un rythme en mouvement, comme une forme organique qui ne saurait opter pour une direction précise. Elles s'assemblent, se juxtaposent, s'agencent pour s’influencer, se répondre, se contredire en intégrant dans leur composition le geste d’abandon pour en célébrer la fluidité et la puissance.

Architecte de formation, …

Patrice Claude, dynamique virtuelle

Il élargit son champ artistique et renouvelle son discours dans un environnement où tout est numériquement échantillonné et recomposé. A l’aide de trois logiciels distincts Patrice Claude retravaille ses photographies prises par ses soins où dénichées en libre accès sur le Web. Cette matière numérique lui sert de base qu’il retravaille ensuite sur tablette numérique.
L’interaction entre le paysage et le programme
Sa matrice créative se compose de prises de vue de la nature, de plages mais aussi d’éléments urbains tels que des ponts ou des portes. A l’aide du stylet, l’outil graphique des années 2000, l’image incarnée est passée au crible des filtres numériques. Elle se dissout et évacue hors du réel tout signe pour alimenter la dimension abstraite. Elle se transforme en une quantité impressionnante de données, de nombreux pixels qui décomposent l’image en puzzle. L’espace environnant s’ouvre, se régénère. La lumière, la couleur se modifient dans une transition entre espace physique et e…

Au-delà du Bien et du Mal

De retour à la création graphique, Anne-Marie Vesco remet en jeu ses réflexes artistiques tout en restant fidèle à son esthétique de la transparence.

"J'ai choisi le dessin afin de déplacer mon obsession." La résine et ses écrins qui lui permettent de fabriquer ses curiosités sont toujours en réalisation. Mais elles sont cette fois propulsées sur une étendue plane. Anne-Marie dessine au pinceau, à l'huile, sur une surface transparente. Elle pose ensuite ce dessin retourné sur un épais papier blanc. Se posent dès lors les questions du support, du cadrage, de la superposition. Transparent et papier restent indépendants, amovibles. Le regard s’enfonce, laissant le spectateur libre de juger si le dessin joue avec la surface ou inversement. 
Cet effet trompe-l’œil filtré participe à la mobilité de l’œuvre, évolutive, comme une évocation transitoire de la vie. « J’aime cette idée de traverser, de retourner les choses, de chercher ce qu’il y a de l’autre côté du miroir. » 


Se…

Mylène Mai, usures temporelles

Le temps impose son territoire et son cadre malgré le geste de l’homme. « Mon souhait est d’intervenir sur le plâtre comme le temps l’aurait fait et non l’humain. C’est un message d’humilité dans un monde où l’homme impose sa suprématie sur la nature. »
Coulé dans un châssis rigide, le plâtre est travaillé pour apporter des aspérités. Une fois sec, l’artiste cisèle dans un mouvement perpétuel le matériau dur qui se détache. Des lignes et des courbes amples, douces, apparaissent soutenues par la couleur, souvent vive et électrique. En travaillant les creux et les pleins en accumulation, Mylène Mai élargit les potentialités de la matière avec la perspective d’un espace possible, d’une ouverture opposée à la rigueur de la plaque de plâtre rigide. Ses incisions dans l’espace-temps laissent le réel surgir du support comme une révélation, un effet de surprise. Elles laissent l’autonomie de l’élément et figent son état transitoire ; ce moment où le matériau se brise, se fend, se craquèle. Cett…

Evelyne Huet, Frères Humains

L’exposition Frères Humains* conçue comme un Memento mori, unparcours esthétique, appelle à la fraternité et à la spiritualité pour surmonter les craintes des Hommes.
Le titre de l’exposition est un emprunt au poème de François Villon La ballade des pendus rédigé sous forme de testament où les morts s’adressent avec ironie aux vivants afin de solliciter leur pitié, leur indulgence et leur pardon. Evelyne Huet est une artiste humaniste qui touche quelque chose d’universel. C’est avec une sincérité frémissante et amusée qu’elle rassemble ici une galerie de portraits sous forme de fragments de l’humanité.
Peints au doigt sur tablette numérique puis imprimés sous Diasec, les Frères Humains sont des représentations dématérialisées, absorbées par leurs formes et leurs conditions accidentées qui s’affichent telles des présences évanescentes. Leurs visages effacés expriment leur impossibilité de dire. Les lignes se plient à l’exigence de l’éclatement et à la dépersonnalisation de leur individu…

Eric PETR [ a.m.o.u.r. ... ] abandon, mouvement, ouverture, univers, renaissance

« L’ a.m.o.u.r. est une onde qui traverse les galaxies et irradie notre subconscient. Avec cette série, j'ai voulu me rendre au cœur de cette vibration pour capter cette énergie formidable. »
36 photographies numériques faisant référence aux 36 visions de Jean dans l'Apocalypse ont été prises sur le vif en mode manuel sans utiliser la mise au point automatique et en contrôlant la vitesse et le temps de pause. Elles sont éditées sans retouches et imprimées par les propres soins du photographe sur des papiers d'art épais aux structures mates ou barytées. De l’expérimentation à la contemplation, du flou à la netteté, de l’éblouissement à l’obscurité, Eric Petr utilise les propriétés de l’accident pour en révéler l’éventail des possibles. La lumière et le temps sont la matière première de son œuvre qui traite du « ça a été » ; une suspension du moment comme l’analysait Roland Barthes. Une croyance spontanée attestant matériellement de phénomènes non physiques du temps passé à j…